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On se bat toujours contre nous-mêmes

Dans les arts martiaux, l’une des premières choses qu’on nous apprend, c’est qu’on ne se bat pas véritablement contre notre adversaire, mais bien contre nous-mêmes.

Dans l’adversité et le combat, les craintes, un manque d’imagination ou une incapacité à contrôler sa colère deviennent rapidement des faiblesses que notre adversaire peut exploiter.

Décidément, on se rend compte qu’il en est de même en politique lorsqu’on se plonge dans le dernier ouvrage Shattered: Inside Hillary Clinton’s Doomed Campaign d’Allen et Amie Parnes.

Un modèle à ne pas suivre

Hillary a beau pointer du doigt le directeur du FBI et Wikileaks, ce n’est effectivement pas ces derniers qui l’ont empêché de mettre des ressources dans les États clés comme le Michigan.

Malgré des intentions flagrantes de ne pas répéter les erreurs de sa campagne de 2007, Clinton a une fois de plus bâti une équipe dysfonctionnelle.

1. Pourquoi je suis là déjà?

Sa campagne n’est pas encore lancée qu’on constate déjà la source d’une de ses faiblesses : Elle ignore pourquoi elle se présente. Hillary n’avait pas de vision cohérente à articuler. En dehors de « position à la pièce », son équipe est incapable d’expliquer en quoi Clinton représente une cause plus grande qu’elle-même.

En effet, en travaillant sur le comité de rédaction du discours de lancement de la campagne, Jon Favreau, ancien rédacteur de discours d’Obama, a constaté que l’équipe Clinton était composée de personnes intelligentes, mais qui n’étaient pas unies par un objectif commun plus motivant que la perspective de rentrer à la Maison-Blanche.

N’ayant pas les qualités d’orateur d’Obama pour expliquer pourquoi il se présentait et clarifier comment il gouvernerait, Clinton s’est présentée sur la ligne de départ avec une prise.

2. Chacun pour soi

Publiquement, Clinton mène une campagne sans déchirement. Pourtant, son équipe interne est divisée. Les auteurs n’identifient pas deux, pas trois, mais bien quatre clans en guerre ouverte. C’est chacun pour soi, on essaie de maintenir de bonnes relations avec la candidate ou de mal faire paraître un rival.
La victoire n’est pas l’objectif principal du personnel.

3. Centralisation et couteaux dans le dos

À la tête de sa campagne, Clinton nomme Robby Mook. Un gestionnaire sympathique aux méthodes d’Underwood.

Reculons maintenant quelques mois avant le lancement de la campagne de Clinton. Un groupe indépendant de militants émerge pour faire pression sur la secrétaire d’État afin qu’elle se présente à la présidence. En se concentrant sur la mobilisation grassroot, ce groupe, nommé Ready For Hillary (RFH), amassera une quantité impressionnante de dons et de courriels.

Pendant 3 ans, RFH milite sans relâche pour préparer le terrain à l’arrivée de leur favorite. Ses bénévoles réussissent même à générer un certain buzz autour la candidate réputée être sans saveur.

Retour à 2015.

Comment réagit Mook lorsque l’équipe de Ready For Hillary se fait promettre par Bill et Hillary d’être intégré au sein de l’équipe de campagne?

Non. Pas de voyage à Disneyland.

Il les voit comme une menace. Mook fait alors délibérément trainer les procédures d’intégration, pour finalement n’engager que 6 des 30 employés. Ce n’est pas tout. Il les tablette tous dans un département sans objectif et sans budget.

Chapeau!

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